Pure Wool

Titre Citizen KCapture d’écran 2014-02-07 à 18.27.37Maggie’s Brain, 1995

C’est à l’un de ses enfants que la “ville venteuse” rend hommage en présentant à partir de ce dimanche une rétrospective très complète comprenant toiles, sérigraphies, photos et œuvres sur papier d’un des artistes contemporains les plus influents : Christopher Wool. Influencées par le pop art, les œuvres de Wool s’inscrivent au croisement de l’expressionisme abstrait, du graphisme et de l’art conceptuel. Si ses messages sibyllins composés au pochoir comptent parmi ses travaux plus connus — notamment le fameux “Float like a butterfly, sting like a bee” emprunté à Mohamed Ali qui fait partie de la collection du MoMA New York —, l’accrochage de l’Art Institute of Chicago met également en valeur l’éventail de techniques utilisées dans sa réflexion sur le signe et son effacement par celui qui vit aujourd’hui retiré à Marfa (Texas), là où Donald Judd a érigé son musée d’art minimal en plein désert. Une terre décidément farouche.

N.B.

Christopher Wool. Art Institute of Chicago. Regenstein Hall. 111 South Michigan Avenue. Chicago. Du 23 février au 11 mai 2014. www.artic.edu

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Britpop

Titre Citizen KP78920Just what was it that made yesterday’s homes so different, so appealing?, 1992

Andy Warhol n’a pas inventé le pop art. Selon les historiens, le collage qui marque la naissance du mouvement serait en fait Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing?, une œuvre présentée à l’exposition de l’Independent Group This Is Tomorrow (Londres, 1956) et signée Richard Hamilton. Deux ans après la mort de l’artiste à l’âge de 89 ans, la Tate Modern lui consacre à partir de ce jeudi une grande rétrospective qui aborde non seulement le versant archi-pop d’un opus qui comprend la pochette de l’album blanc des Beatles, des tirages basés sur l’arrestation de Mick Jagger pour possession de drogues et des portraits de Marylin, mais aussi les réalisations issues du dialogue intense et érudit qu’Hamilton entretenait avec Marcel Duchamp, et ses œuvres politiques dont le fameux The Citizen (1981-1983) qui représente le leader indépendantiste irlandais Bobby Sands emprisonné.

N.B.

Richard Hamilton. Tate Modern. Bankside. Londres. Jusqu’au 26 mai 2014. www.tate.org.uk

T01144Swingeing London 67 (f), 1968-1969

the-citizen-1983The Citizen, 1981-1983

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Astralis

Titre Citizen KIMG_0697-INSolaris (détail), Børre Sæthre, 2014

Placée sous l’égide de l’écrivain romantique Novalis et de ses réflexions au croisement des sciences et de la poésie sur les commencements des temps et de la vie, l’exposition Astralis présentée jusqu’en mai prochain au Centre culturel Louis Vuitton est selon le vœu de Pascal Pique, son commissaire, l’occasion pour l’artiste “de retrouver toute sa place de médium-médiateur entre le visible et l’Invisible, jusqu’à prendre en charge ce rapport à l’Invisible qui est à la fois nécessaire et salutaire, mais qui peut effrayer beaucoup d’entre nous.” De l’immanence agissante de Chloe Piene qui conçoit un crâne de bronze qui se mue en fœtus — ou l’inverse — jusqu’aux 51 tambours apotropaïques du collectif Orienté Objet, en passant par l’hommage de Børre Sæthre au chef-d’œuvre de la littérature de science-fiction Solaris, à travers les œuvres de la douzaine d’artistes ici présentée, c’est la voix du poète qui ramène notre être vers la voie lactée qui nous a nourris au lait d’une tendresse cosmique : “Et là, tandis que je me commençais moi-même, / Par un précipité rapide des pensées / Les sens terrestres, tout soudain, avaient pris corps. / J’étais aveugle encore, mais des lueurs stellaires / Pointaient dans les lointains merveilleux de mon être.”

Texte et photos, N.B.

Astralis. Espace culturel Louis Vuitton. 101, avenue des Champs-Élysées / 60, rue de Bassano. Paris VIIIe. Jusqu’au 12 mai 2014. www.louisvuitton.com/espaceculturel

IMG_0692Four Angels, Siobhán Hapaska, 2012

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Du goût et des couleurs

Titre Citizen K050-025L’Amour fuyant l’esclavage, Joseph-Marie Vien, 1789

Dans le cadre des célébrations du tricentenaire de la naissance du philosophe français Denis Diderot, la fondation de l’Hermitage à Lausanne présente à partir d’aujourd’hui une exposition hommage à l’un des pionniers de la critique d’art. Au XVIIIe siècle, l’art n’est plus le privilège du Prince, il s’expose dans les Salons et trouve un public. Une éducation au regard s’impose, et Diderot prend la plume pour porter aux nues non pas la technique ou la ressemblance, mais l’émotion esthétique : “Je m’arrête devant un morceau de peinture ; si la première impression que j’en reçois va toujours s’affaiblissant, je le laisse ; si au contraire, plus je le regarde, plus il me captive, si je ne le quitte qu’à regret, s’il me rappelle quand je l’ai quitté, je le prends.” Avec pour seul guide son bon plaisir et l’esprit des Lumières, Diderot attrape ici le visiteur par la main pour lui faire admirer — ou mépriser — quelque 80 œuvres de ses contemporains.

N.B.

Le Goût de Diderot : Greuze, Chardin, Falconet, David… Fondation de l’Hermitage. 2, route du Signal. Lausanne. Jusqu’au 1er juin 2014. www.fondation-hermitage.ch

1913.113.2Panier de pêches avec un rafraîchissoir, Jean-Siméon Chardin, 1759

DIDEROT-VanlooEsquisse pour Les Grâces enchaînées par l’Amour, Charles-André Vanloo, 1763

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