J. Demy à la Cinémathèque

“Je préfère un film léger sur un sujet grave, qu’un film grave sur un sujet léger”, disait Jacques Demy lorsqu’un critique insistait sur le caractère chatoyant, gai, chantant et dansant autant que rêveur de son univers. Et en effet, à bien y regarder, la gravité n’est pas absente du cinéma de Demy. De Lola jusqu’à Une chambre en ville en passant par La Baie des Anges, Les Demoiselles de Rochefort ou Peau d’âne, c’est l’amour, depuis son surgissement forcément tragique dans un réel trop étriqué ou trop brutal, jusqu’à son impossible fin tant qu’il vit dans la mémoire, qui s’avère le fil rouge de l’œuvre du réalisateur des Parapluies de Cherbourg. À travers l’exposition que lui consacre la Cinémathèque française, c’est de ce croisement symphonique où le drame côtoie le miracle que le visiteur approche par le biais de croquis, reconstitutions de décors, costumes et photos de tournages. Un hommage poétique à un cinéaste bouleversant.

I.R.

Le monde enchanté de Jacques Demy. La Cinémathèque française. Musée du Cinéma. 51, rue de Bercy. Paris XIIe. Jusqu’au 4 août 2013

www.cinematheque.fr

La scène finale des Demoiselles de Rochefort (1967) avec Danielle Darrieux et Michel Piccoli à gauche, et au centre, Gene Kelly et Françoise Dorléac

Delphine Seyrig, la Fée des Lilas dans Peau d’âne (1970)

Nino Castelnuovo et Catherine Deneuve sur le tournage des Parapluies de Cherbourg (1963)

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Paris Me

Tous les Parisiens ou presque vous diront qu’ils n’ont jamais gravi les marches de la tour Eiffel. Ils la voient de loin, parfois entre deux stations du métro aérien, et s’y repèrent dans la nuit. C’est tout. Pour essayer de les réconcilier avec le symbole de la capitale, l’exposition Paris Me multiplie les mises en abyme en forme de déclaration d’amour à la ville Lumière. Sur les murs du Restaurant 58 situé au premier étage de la tour, 40 tableaux pop signés Marcella & Pépée déclinent ainsi l’humeur de la Dame de fer. À découvrir le temps d’une pause gourmande dans les bras de celle qui reste le monument payant le plus visité au monde.

R.M.

Paris Me by Marcella & Pépée. Restaurant 58. 1er étage de la Tour Eiffel. 5, avenue Anatole France. Paris VIIe. Jusqu’au 24 juin 2013

www.restaurants-toureiffel.com

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Made in for U

Dimanche, c’est la fête des mères. Si vous ne voulez pas être pris de court et arriver chez votre chère maman avec un bouquet à demi fané que vous aurez dégotté entre la sortie du métro et la porte de l’immeuble, rendez-vous sur l’e-shop Made in for U. Ici, en fonction de votre budget, de la couleur préférée de l’auteur de vos jours, de ses goûts ou de ses hobbies, vous trouverez un cadeau original déniché par les fondateurs du site chez des “marques montantes” au parfum d’exclusivité. Certes, être votre mère est déjà un cadeau en soi, mais justement, pourquoi ne pas le lui rappeler avec un bracelet Lucky signé Gag & Lou ? Cela dit, si vous n’avez pas notre humour grinçant, vous pourrez préférer la version Love de ce même bracelet, une écharpe, un sac, un paréo, un éventail, des produits d’épicerie fine etc…

R.M.

www.madeinforu.com

Bracelet Lucky jonc plat plaqué or, Gag & Lou

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Mike Kelley à Beaubourg

Que ceux à qui le nom de Mike Kelley ne dit rien essaient de se souvenir de la pochette de l’album Dirty de Sonic Youth (1992)… Oui, cette poupée orange en laine tricotée dont le sourire inquiétant évoque des souvenirs d’enfance mal digérés est une œuvre de Kelley. Et quelques-unes de ses comparses, peluche élimées ou figurines artisanales vaguement dégoutantes, sont présentées en ce moment au Centre Pompidou, à l’occasion de la première rétrospective française consacrée à l’artiste américain décédé l’an passé, à l’âge de 57 ans. Hommage à celui dont l’œuvre protéiforme se développe en rhizome aux confins de la culture savante et de la culture “pop”, la scénographie de l’exposition s’offre tel un jardin aux sentiers qui bifurquent entre vidéo, installation sonore, photographie, peinture et sculpture façon blob. Ici, Platon côtoie Lincoln et Rothko sur fond de Sonic Youth tandis que Freud analyse Superman, la sexualité interroge l’investissement affectif — ou l’inverse —, le corps se morcelle jusqu’à se réifier pour mieux satisfaire au désir ou au trauma, quand la voix de Laurie Anderson résonne entre deux accords punk rock et un chant d’oiseau. Un cosmos en perpétuelle expansion énergétique et signifiante dont celui qui dira qu’il en a fait le tour est un menteur ou un idiot. Ou les deux.

N.B.

Mike Kelley. Centre Pompidou. 19, rue Beaubourg. Paris IVe. Jusqu’au 5 août 2013. Après une première étape au Stedelijk Museum d’Amsterdam, cette rétrospective sera ensuite présentée au PS1 
de New York et au MoCA de Los Angeles

www.centrepompidou.fr

Ahh… Youth!, 1991Comedy and Tragedy Lung, 1989Kandor 15, 2007

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