

Cendrillon Bélanger, Photomaton, 2013
Amputant d’un mot le titre du film de Nagisa Oshima Diary of a Shinjuku Thief, l’exposition qui sera inaugurée demain à la galerie Sunday Issue dans le quartier de Shibuya à Tokyo annonce clairement la couleur : Diary of a Thief – We Steal Because We Love. Pillage ou détournement seraient ainsi d’autres noms pour un amour qui s’incarnerait au-delà des œuvres citées, et ainsi révérées, dans une postérité qui ne s’encombrerait pas de légitimation. Parmi les œuvres exposées, on retiendra plus particulièrement celles de la plasticienne Cendrillon Bélanger. Hommage à Warhol et à ses Photo Booth Self-Portraits, les photomatons de l’artiste franco-canadienne interrogent la notion de portrait d’art. Ajoutant de façon prétendument naïve du “beau”, des accessoires, de la couleur et de la mise en scène là où le marqueur définitif de l’identité devait brutalement surgir d’un flash en pleine face, ces œuvres exposent la trop jolie fraîcheur — non dénuée d’accents kitsch parfois — d’une démarche que Cendrillon Bélanger tire subrepticement vers une dramatique abyssale, sondant en quoi son visage définirait davantage son identité que ses seins, son dos ou son processus créatif.
I.R.
Diary of a Thief – We Steal Because We Love. Sunday Issue Gallery. Mitakenomura Building. 2e étage. 1-17-1 Shibuya. Tokyo. Jusqu’au dimanche 23 juin
www.sunday-issue.com
www.cendrillonbelanger.net
Cendrillon Bélanger, Photomaton, 2013
Cendrillon Bélanger, Photomaton, 2013
Extrait de la vidéo Fugue Fragment, Cendrillon Bélanger, 2012